Pairs 1986 - 2020

Pairs, suite de 9 bois en couleurs

Pairs reprend une étude de 1986 restée fragmentaire et précise sa cohérence par un ensemble formel. Cette étude explorait l’usage de supports conventionnels pour le développement de mon travail. Le rabattement des angles d’un format quelconque comme principe de composition soutenait l’idée du lien absolu entre un motif et son substrat.
Bien que limitée dans ses déécloppements cette tentative ne sera pas sans conséquence: après 1989 je n’ai plus eu recours aux objets comme pré-texte. Le plan les a remplacés en tant que variante universelle. Il s’est produit alors une bascule et mon travail a pris plus clairement le parti de la discontinuité entre l’ordre de l’art et celui de la réalité immédiate. Les figures y sont écrites comme les Icônes sont écrites ou encore comme est écrite la peinture de paysage en Chine, deux sources majeures d’inspiration.

Pairs réaffirme cette vision d’un lien structurel entre les motifs et leur support. L’égalité qu’énonce le titre pointe ce fonds commun.

La surface des planches révèle le croisement de deux trames : verticalement, les différences de densité formant la veinure du bois témoignent d’un temps long et cyclique, celui de la croissance naturelle; horizontalement, des marques en creux provoquées lors du débitage par l’oscillation d’une lame de scie à ruban décrivent le temps court de l’action mécanique. Pour conserver ces traces, les matrices laissées brutes ont reçu un traitement spécifique. Une frappe lourde, que permet la presse à épreuve typographique, annule les différences de niveau, puis des épreuves de décharge allègent l’encrage jusqu’à retrouver la lumière du papier et, avec elle, la mémoire de ces flux temporels.
Avec la mise en évidence sérielle, c’est pour moi l’apport le plus stimulant de cette série aux études de 1986. Il enrichit le propos initial par un traitement “en profondeur“ des surfaces qui débat avec la pureté abstraite des figures.

Philippe Deléglise 2020

ALBUM TEMPERA (1986-)2019

« Ni objets à part entière, ni composition au plein sens du terme, les œuvres de Philippe Deléglise résultent de la décomposition visuelle des éléments contenus dans des matériaux de récupération ; éléments qui sont ensuite réorganisés sur ces surfaces de base dont la possession et la provenance relèvent de l’aléatoire.

Ce travail d’agencement formel trouve son fondement dans une réflexion qui se développent fonction de la structure même du matériau considéré et des rapports sous-jacents qu’il renferme.

L’observation tient le premier rôle dans le travail de cet artiste : quête de la matière, mise à nu du système constitutif de l’ensemble, puis réajustement des divers éléments par une intervention plastique dont les éléments essentiels sont à rechercher dans le vaste champ des schémas géométriques.Le tout est porté par des principes générateurs relevant d’une appréhension minimaliste et conceptuelle des correspondances.

En focalisant son attention sur le répertoire illimité des objets relégués au statut d’inconsommable, Philippe Deléglise inclut la diversité dans sa production artistique et annihile conjointement la notion de spécialisation au sein de son travail. En effet, deux objets issus de contextes différents impliquent une relecture et un redimensionnement spécifiques. »

Danièle Fischer, 1987

Danièle Fischer, « Philippe Deléglise ou l’observation », in Scène Magazine no 12, 1987

DOCUMENTS ET ÉTUDES

Rabattements d’angles, répertoire

EXPOSITIONS

Pairs et rabattements